Le cycle Cinémas Traces du sacré expliqué par Philippe-Alain Michaud, Conservateur au Centre Pompidou chargé de la collection des films.

CYCLE CINEMAS
TRACES DU SACRE

28 mai - 30 juin 2008

  • En 1913, Julius von Schlosser publiait à Vienne, dans l'atmosphère crépusculaire de l'Empire austro-hongrois finissant, une Histoire du portrait en cire dans laquelle s'esquissait une vision « sédimentaire » de la transmission des formes artistiques. De la pratique du portrait en cire, qui accompagnait les rituels funéraires depuis la plus haute Antiquité et florissait dans l'art religieux de la Renaissance et de l'Âge classique, Schlosser retrouvait la trace déclassée dans la sous-culture contemporaine, dans les cabinets de figures de cire et dans les spectacles de foire, dans les vitrines des salons de coiffure ou encore dans la photographie, la technique de la photo-impression lui apparaissant comme un avatar de la céroplastie.

  • Sur le modèle sédimentaire construit par Schlosser, on retrouve dans les régions les plus prosaïques du cinéma, dans le slapstick, les travelogues, les films noirs ou le film expérimental, les traces d'une expérience sacrée des images qu'un travail de déplacement et de décontextualisation permet de réactiver.