Extrait de l’entretien entre René Girard et Benoît Chantre  :
1806 - La bataille d’Iéna. Clausewitz et la guerre dans la structuration des relations européennes

CONFERENCE :
RENE GIRARD

Revues parlées / Forums de société - 7 mai 2008
Projection en avant première d'un entretien inédit de René Girard avec Benoit Chantre

  • « Le hasard ou la nécessite a voulu que le parcours adopté par les commissaires de l'exposition Traces du sacré recoupe les grands moments d'un livre d'entretiens que René Girard venait de réaliser avec moi, Achever Clausewitz. La proposition d'un nouvel entretien, filmé cette fois dans la perspective de l'exposition, offrait à l'auteur de La violence et le sacré la possibilité de s'exprimer conjointement sur l'Histoire, les écrivains, les philosophes et les artistes. Ainsi est né ce film qui évoque Clausewitz, Hölderlin, Hegel, Nietzsche et Dostoïevski, mais aussi Stendhal, Baudelaire, Stravinski, Nijinski et Proust.

  • Partant, c'est toute son œuvre que René Girard a prise à rebours, commençant par sa récente réflexion sur la rivalité franco-allemande pour remonter jusqu'aux premières intuitions de Mensonge romantique et vérité romanesque. Cette discussion prenait la forme d'un palindrome : commencée avec Clausewitz, elle s'achevait sur Proust. De Iéna à Combray, de l'enfer de la guerre au paradis de l'enfance, nous sommes ainsi passés d'une apocalypse à l'autre : de la « montée aux extrêmes » a la révélation finale du Temps retrouvé.

  • Si René Girard évoque dans ce film la distance qu'il a vite ressentie a l'égard de l'art moderne, c'est l'histoire qu'il cherche à penser quand il quitte l'Europe pour les Etats-Unis, son sens qu'il scrute à travers les textes littéraires. Et c'est bien sa « conversion romanesque » qui lui donne les clés d'une œuvre qui remontera jusqu'au religieux archaïque révélé à la lumière des évangiles ». Benoit Chantre
    Une production du Centre Pompidou, 2008, durée 63 mn