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Eli Petel, Might this thing be [Pourrait-il être], 2007
Perles, fil

ELI PETEL,
MIGHT THIS THING BE

Réalisé à partir d’un rideau à franges, à travers lesquelles on devine l'inscription « היהיה » («HYHYH»), ce paravent rappelle les rideaux hippies des chambres d’adolescents, et aussi les chapelets que les croyants utilisent pour prier.

  • La calligraphie de l'inscription, quant à elle, rappelle celle des parchemins. L'énigme réside dans les multiples lectures de ces cinq signes, qui peuvent se lire de gauche à droite, ou inversement, comme le veut l'usage en hébreu. En effet, seules deux lettres sont représentées ici. La première, «Yod» est répétée deux fois, la dernière «Hé », trois fois. Selon la combinaison envisagée, le sens serait soit dubitatif : «Cela sera-t-il ?», exprimant la fragilité de la foi, soit affirmatif : «Pour sûr, cela sera!», qui laisse présager la possibilité d’une liberté. Or, il ne manque qu'une lettre pour transformer le sens.

  • En ajoutant «Vav», l'inscription deviendrait YHVE, signifiant «Dieu», et sous-entendrait que la liberté n'est rendue possible qu’avec l'absence de Dieu». Mais son existence est bel et bien présente. En effet, «Vav» veut dire aussi «crochet» en hébreu, laissant ainsi l'interprétation en suspens.

     

     

    Eli PETEL
    Might this thing be [Pourrait-il être], 2007, dimensions variables, Dvir Gallery, Tel Aviv, avec le soutien du Service culturel de l’Ambassade d’Israël