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Max Ernst, La vierge corrigeant l’Enfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Eluard et le peintre, 1926

Huile sur toile

 

MAX ERNST,
LA VIERGE CORRIGEANT
L'ENFANT JESUS...

« De même que le rôle du poète, depuis la célèbre Lettre du voyant de Rimbaud, consiste à écrire sous la dictée ce qui se pense (s'articule) en lui, le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui. »

  • Proche du mouvement Dada depuis 1916, Max Ernst rejoint ensuite le groupe surréaliste. Breton et Eluard sont les faux témoins de cette scène, que seul Ernst regarde. Inspiré de la Vierge au long cou, 1535, du Parmigiano, cette œuvre anticlé- ricale, de facture presque académique, est liée au surréalisme mais également à un souvenir d'enfance.

     

    La Vierge, d'allure masculine et autoritaire, renvoie aux relations complexes de Max Ernst avec son père, qui était artiste.

  • L'identification à l'enfant Jésus, confirmée par la présence de la signature dans l'auréole, tombée à terre, fait référence au jeune Ernst, qui à sept ans s'était échappé de chez lui en chemise de nuit et était apparu à des passants comme l'«Enfant-Jésus». Son père, une fois sa colère passée, avait ensuite peint son fils sous les traits de celui-ci.

     

    Max ERNST, La vierge corrigeant l’Enfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Eluard et le peintre, 1926,196 x 130 cm, Museum Ludwig, Cologne.