Yazid Oulab explique ses deux œuvres exposées dans Traces du sacré :


Le souffle du récitant comme signe, 2003
et Sans titre, 2006

YAZID OULAB,
LE SOUFFLE DU RECITANT COMME SIGNE

SANS TITRE

Vidéo sonore de 5 minutes, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne de Paris.

Peau de mouton, collection particulière.

  • La vidéo Le souffle du récitant comme signe est une méditation sur la mystique soufie, selon laquelle la poésie est la voie essentielle pour approcher les mystères. Des voix récitant une sourate font apparaître une simple figure : les fumées de l'encens, agitées par le souffle des orants, dessinent des volutes dont la cursivité évoque l’écriture. À propos de ce texte, l'artiste dit : «La sourate 3 du Coran est pour moi l'une des plus belles, elle rassemble le “halif ”, le “lem” et le “mim”, qui sont la transcription de la ligne, de la courbe et de la sphère. C’est la “sourate dédiée à Marie” qui porte en elle le verbe et lui donne forme. »

     

  • La sculpture du couteau, Sans titre,  se réfère à l'instrument du sacrifice, lié, dans l'altérité des récits fondateurs, aux trois grandes religions mono -théistes.

    Il est une figure du renversement de l'acte auquel il est symboliquement attaché : la chair du mouton constituant la forme même du couteau. Une arme sacrificielle qui inscrit, ou incise l'idée d'une présence de Dieu dans le monde.

    Dans le Coran (37, 99-113), Abraham est « celui qui se soumet […] en songe » à la volonté de Dieu qui ordonne le « non-sacrifice du fils ».

  • Dans la Bible (Genèse, 22), il est dépositaire de l'Alliance entre Dieu et l’homme.

    Au moment où Abraham s'empare d’un couteau pour égorger son fils, un ange intercède et lui demande d'arrêter : « Abraham lève les yeux et voit un bélier les cornes prises dans un fourré. Il va prendre le bélier et l'offre en holocauste à la place de son fils » (G. 22. 13).