Une première approche des enjeux de Traces du sacré avec Jean de Loisy, commissaire de l'exposition. Il nous explique pourquoi, avant d’entrer dans l'espace d'exposition, les visiteurs sont mis en condition.

L'EXPOSITION
TRACES DU SACRE

  • L'apparition de l’art semble avoir été liée aux premières interrogations de l’homme sur son destin. Le lien entre cette inquiétude et la création a été approfondi par toutes les grandes religions. Cependant, au XVIIIe siècle, en Occident, la relation entre l'art et les églises s'est profondément modifiée. Les idéaux des Lumières et le culte de la raison, l'essor du capitalisme et le développement de l'urbanisme mènent à ce qui sera appelé le «désenchantement du monde», c'est-à-dire la fin d'une société structurée par le religieux.
    Cet éloignement du divin, ressenti au XIXe siècle par les artistes romantiques, puis l'annonce de la «mort de Dieu» par Nietzsche, les avancées des

  • sciences, l'essor du marxisme et de la psycha- nalyse conduisent à reconsidérer la place de l'Homme dans la création. C'est dans ce paysage de croyances bouleversées que naît l'art moderne. Néanmoins, cette crise religieuse et cette évolution considérable de la société n'engendrent pas la disparition des préoccupations métaphysiques. On peut même affirmer qu'une partie de l'art du XXe siècle s'est inventée à partir de ces interrogations. 
    L'objectif de cette exposition est donc d'explorer le sens de ce questionnement et de montrer que le rapport au sacré est toujours une clef pour appré- hender l'histoire de la création moderne et qu'il continue de participer à l'invention des formes d'aujourd’hui.

  • LES OEUVRES PAR ORDRE D'APPARITION DANS CE FILM :

    Valère NOVARINA
    Au dieu inconnu, une séquence de La chair de l'homme, 2000, enregistrement sonore 59'20, texte interprété par Laurence Mayor, production : P.O.L Editeur et Dernière Bande

    Bruce NAUMAN
    The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths [Le véritable artiste aide le monde en révélant les vérités mystiques], 1967, verre, tubes en néon, transformateurs, 150 x 140 x 5 cm
    Kunstmuseum, Bâle

  • Christian BOLTANSKI
    Horloge parlante, 2003, installation sonore, PC et haut-parleurs, durée éternelle
    Courtesy l'artiste et galerie Marian Gooldman, Paris New-York

    mounir fatmi
    Tête dure, 2005-2008, peinture murale in situ, dimensions variables
    Courtesy de l’artiste et de Lombard-Freid Projects, New York

  • Francisco de GOYA,
    Nada. Ello dirà, [Rien. On verra bien], vers 1810-1823, 41,5 x 54 cm, estampe, planche 69 des Desastros de la guerra [Désastres de la guerre]
    BNF, Paris