Le thème Traces des dieux enfuis, une des clefs pour comprendre l’histoire de l’art moderne, est expliquée par Jean de Loisy, le commissaire de l’exposition, à travers plusieurs œuvres.

TRACES DES
DIEUX ENFUIS

« Dieu est mort ! »
Friedrich Nietzsche

  • Si les artistes romantiques allemands cherchent encore à exprimer la présence d’un Dieu infusé dans la nature, leur sentiment d'une modification inéluctable du monde est représenté par le thème insistant de la ruine. Cette mélancolie est également présente dans les vers de Baudelaire :

    « Mais je poursuis en vain le dieu qui se retire, / L'irrésistible nuit établit son empire, / Noire, humide, funeste et pleine de frissons ».

     

    La confusion s'accroît après la déclaration de Nietzsche : « Dieu est mort ! »

  • Le titre d'un tableau du symboliste Henry de Groux, Le Grand Chambardement, donne la mesure du trouble ressenti. Munch, qui, comme Strindberg, peint le désarroi provoqué par cette annonce, écrit : « Dieu fut détrôné ainsi que tout le reste. Tout le monde court en tous sens en une folle danse de la vie. La crucifixion était expiée, mais je ne pouvais me débarrasser de l’angoisse de vivre et de l'obsession de la vie éternelle. » Car avec la « mort de Dieu » ne demeure que ce que nous montre Damien Hirst : le corps périssable, livré aux larves sans espérance de résurrection !

  • LES OEUVRES DANS L'ORDRE

    D'APPARITION DANS LE FILM :

     

    Bruce NAUMAN
    The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths [Le véritable artiste aide le monde en révélant les vérités mystiques], 1967,

    Verre, tubes en néon, transformateurs
    150 x 140 x 5 cm,
    Kunstmuseum, Bâle

     

  • Edvard MUNCH
    Friedrich Nietzsche, 1906,
    Fusain, pastel, tempera sur papier,
    196 x 128 cm,
    Munch Museum, Oslo

     

    Damien HIRST
    Forgive Me Father for I Have Sinned, [Pardonnez- moi, Seigneur, parce que j’ai péché], 2006,
    Mouches et résine sur toile
    137,2 x 101,6 x 10,2 cm,
    Collection particulière

  • Edvard MUNCH
    Det tomme kors, [La croix vide], 1899-1901,

    Aquarelle, encre sur papier
    43, 1 x 62,7 cm

    Munch Museum, Oslo