Le thème Eschatologie, une des clefs pour comprendre l'histoire de l’art moderne, est expliquée par Jean de Loisy, le commissaire de l'exposition Traces du sacré, à travers plusieurs œuvres.

ESCHATOLOGIE

« Une grande destruction, d’un effet objectif, est aussi un chant de louange qui vit pleinement dans l’isolement de la sonorité, comme un hymne à la nouvelle création qui suit le désastre.» 
Vassili Kandinsky

  • Du point de vue de certains artistes futuristes et expressionnistes, la guerre – « seule hygiène du monde », écrit Marinetti – est ressentie, et même parfois désirée comme une épreuve nécessaire, une étape vers une nouvelle société spirituelle. Le thème du Déluge, récurrent chez Kandinsky et présent dans sa Composition VI, est clairement millénariste.

    L’artiste pose ici l'hypothèse de la résurrection, de l'avènement d’un monde nouveau qui surgira de la destruction. Dans son Autoportrait en Mars, Otto Dix se représente lui-même comme un artiste-dieu qui plonge le monde dans un chaos de formes et de

  •  couleurs, un brasier de pulsions meurtrières ; il proclame ainsi un nouvel univers à son image de «surhomme» nietzschéen.

  • LES OEUVRES PAR ORDRE
    D'APPARITION DANS LE FILM : 

     

    Vassily KANDINSKY
    Komposition VI [Composition VI], 1913, huile sur toile,195 x 300 cm, musée national de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

     

    Otto DIX
    Der Krieg [La Guerre], 1929-1930, cartons préparatoires, crayon, fusain et pastel sur papier, blanc couvrant, crayon sur carton gris, marouflé sur toile et monté sur un châssis, ensemble : 400 x 262 cm, Hamburger Kunsthalle, Hambourg